Histoire et guide du Thé


Le thé, bien plus qu'une simple boisson d'agrément, représente en Chine une véritable institution sociale et culinaire. Le thé occupe une place centrale dans la vie quotidienne : les chinois boivent du thé tout au long de la journée, chez eux comme sur leur lieu de travail.
Souvent, les chinois réinfusent les mêmes feuilles en rajoutant de l'eau chaude après une infusion.
A côté de cette consommation quotidienne de thé ordinaire, les chinois consomment des thés raffinés, en compagnie, dans les cháguǎn, maisons de thé, ou les cháyuán, jardins de thé ou bien chez eux entre amis ou personnes que l'on veut honorer. Il n'est ainsi pas rare qu'un hôte, pour célébrer la venue d'une personne importante ou qu'il n'a pas vue depuis longtemps, achète pour l'occasion quelques grammes d'un thé de luxe, dont les meilleures moutures peuvent s'avérer très onéreuses.

La Chine produit la gamme la plus large de thé au monde : tous les types de thé sont produits en Chine, souvent dans les qualités les plus élevés. Toutefois, les chinois consomment essentiellement du thé vert.
Les Oolongs et les Pu-erhs n'ont été pendant longtemps consommés que dans certaines villes du Sud, ou à Hong Kong et outre mer (à Taïwan notamment).
Depuis une trentaine d'année, avec la réouverture des maisons de thé fermées entre 1966 et 1976 pendant la révolution culturelle, et grâce à l'enrichissement du pays, ces thés connaissent un engouement dans toutes les régions côtières. Par contre, la consommation de thé noir reste marginale, et celui-ci est essentiellement produit pour l'exportation.
Les familles de thé
Les Chinois répartissent le thé en six catégories, dont les noms sont tirés de la couleur de l'infusion et non de la feuille ; cette couleur révèle le taux d'oxydation des feuilles, soit, dans l'ordre croissant :
- huáng chá (thé jaune) ; les plus fins et souvent les plus rares des thés. Très délicats, ils subissent une légère oxydation à l'étouffée et leurs feuilles ne sont pas travaillées. Seuls les bourgeons duveteux sont utilisés;
- bái chá (thé blanc) ; à l'instant des thés jaunes, ce sont des thés très délicats qui, eux, ne subissent aucune oxydation. Les trois premières feuilles, dont le bourgeon, peuvent être présentes, toujours entières. Elles sont séchées à l'air libre;
- lǜ chá (thé vert) ; ces thés ne subissent aucune oxydation et sont la plupart du temps composés de bourgeons ou de jeunes feuilles. Ce thé est travaillé, les feuilles subissant diverses opérations (réchauffage à 100°, par exemple);
- wūlóng chá (thé « dragon noir », orthographe courante : thé Oolong ; ce thé est couramment désigné sous le vocable 青茶 qīng chá « thé bleu-vert ») ; le nom de ce type de thé vient de la couleur de la feuille et non de l'infusion. Ce sont des thés dits « semi-fermentés » car leur oxydation varie de 12 à 65%. Les feuilles sont souvent entières.
- hóng chá (thé rouge) ; ils sont oxydés à 100% ; les feuilles utilisées peuvent être brisées pour les thés de moindre qualité.
- hēi chá (thé noir) ; ce sont des thés entièrement oxydés ayant subi une post-fermentation de plusieurs années, des thés de garde. Très coûteux, ils ne sont connus la plupart du temps des Occidentaux que par les versions dont la post-fermentation ne dépasse pas quelques jours, commercialisées par la Chine. Ces « copies » sont vendus en supermarchés sous les appellations de Pǔ'ěr ou de zhuanchá.
- huāchá ([thé aux fleurs); ce n'est, à proprement parler, pas un type de thé, car le thé agrémenté de parfums de fleurs auxquelles il a été mêlé (ou, pour les thés médiocres et commerciaux, recouvert d'essence) peut être de couleurs diverses. Le thé au jasmin, mòli huāchá, dans ses versions les plus raffinées, peut être composé d'un thé blanc parfumé, aux saveurs très délicates. Les thés noirs parfumés aux fleurs sont les plus répandus, le plus souvent aussi les plus médiocres quand ils sont construits sur des poussières de feuilles auxquelles une essence quelconque a été rajoutée. Un bon thé parfumé doit l'être par le contact avec des fleurs fraîches, et non grâce à une essence.
Préparation
Le thé chinois se prépare de deux manières, selon sa couleur : aux thés fragiles, jaunes, blancs et verts, est réservée la préparation en zhōng, aux thés plus vigoureux (du wūlóng au thé noir) celle dite gōngfū chá.
Chacune possède ses particularités et les deux un point commun : le thé est toujours rincé rapidement à l'eau chaude, qui doit être pure (le mieux restant une eau de source faiblement minéralisée ou de l'eau filtrée ; l'eau du robinet, sauf rares exceptions, doit être évitée, surtout en ville), une première fois, afin de le débarrasser des impuretés et de préparer son hydratation.
Boire du thé, c’est partager un moment de plaisir
Source d'informations Wikipédia